Le ROPHCQ en grève solidaire avec le communautaire : parce que défendre les droits exige des moyens
Depuis plus de quarante ans, le Regroupement d’organismes de personnes handicapées du Centre-du-Québec (ROPHCQ) travaille aux côtés de ses membres pour défendre les droits des personnes handicapées et améliorer leurs conditions de vie. Fondé en 1982, notre regroupement rassemble aujourd’hui une quarantaine d’organismes qui accompagnent quotidiennement des milliers de Centricoises et de Centricois vivant avec différentes limitations fonctionnelles.
Ce travail essentiel repose en grande partie sur le milieu communautaire autonome. Pourtant, ce réseau qui constitue l’un des piliers de notre filet social est aujourd’hui à bout de souffle.
C’est pourquoi le ROPHCQ annonce qu’il appuie pleinement la campagne “Le communautaire à boutte” et participera au mouvement de grève du 23 mars au 2 mai.
Un réseau essentiel qui manque cruellement de ressources
Partout au Québec, les organismes communautaires portent une responsabilité immense. Ils soutiennent les personnes handicapées et leurs proches, accompagnent les familles, développent des initiatives d’inclusion, défendent les droits et comblent les nombreuses failles du système public.
Dans le Centre-du-Québec comme ailleurs, ce sont les organismes communautaires qui :
- accompagnent les personnes dans la défense de leurs droits;
- offrent du soutien aux familles et aux proches aidants;
- développent des activités d’inclusion sociale et citoyenne;
- interviennent lorsque les services publics sont insuffisants ou inaccessibles.
Malgré ce rôle fondamental, le financement du communautaire demeure largement insuffisant. Les équipes travaillent avec des ressources limitées, dans des conditions souvent précaires, alors même que les besoins explosent.
Cette situation n’est pas seulement une crise organisationnelle : elle compromet directement l’exercice des droits des personnes handicapées.
Défendre les droits exige des organismes forts
La mission du ROPHCQ est claire : défendre collectivement les droits et promouvoir les intérêts des personnes handicapées.
Or, cette mission ne peut être remplie sans un mouvement communautaire solide, capable d’agir en éducation populaire, en représentation politique et en mobilisation.
Quand les organismes sont sous-financés :
- les services diminuent;
- les listes d’attente s’allongent;
- les équipes s’épuisent;
- les personnes handicapées se retrouvent encore plus isolées face aux obstacles qu’elles rencontrent.
Investir dans le communautaire, ce n’est pas un luxe. C’est une condition essentielle pour garantir l’équité, l’accessibilité et le respect des droits.
Une grève pour faire entendre la voix du communautaire
Dans ce contexte, le ROPHCQ participera au mouvement de grève du 23 mars au 2 mai, aux côtés de nombreux organismes communautaires autonomes à travers le Québec.
Cette mobilisation vise à rappeler une réalité simple : le communautaire ne peut pas continuer à porter une part aussi importante des réponses sociales sans les ressources nécessaires pour le faire dignement.
La grève est un geste collectif fort. Elle reflète un ras-le-bol largement partagé, mais aussi une volonté de transformation.
Parce que les organismes communautaires ne demandent pas des privilèges.
Ils demandent les moyens nécessaires pour accomplir leur mission.
Pour une société réellement inclusive
Depuis plus de quatre décennies, le ROPHCQ agit avec ses membres pour bâtir une société plus juste et plus inclusive.
Nos valeurs — équité, partenariat, innovation et excellence — nous rappellent que les changements durables se construisent collectivement. La mobilisation actuelle s’inscrit dans cette logique : elle vise à renforcer un réseau qui contribue chaque jour à améliorer la qualité de vie des personnes handicapées.
Soutenir le communautaire, c’est soutenir celles et ceux qui, partout sur le territoire, travaillent à réduire les obstacles et à faire avancer les droits.
Le message est clair : une société inclusive ne peut exister sans un communautaire fort.
Du 23 mars au 2 mai, le ROPHCQ sera donc solidaire du mouvement Le communautaire à boutte.
Parce que défendre les droits des personnes handicapées exige des engagements concrets.
Et parce que, collectivement, nous refusons que le communautaire continue d’être à bout de souffle.
