Quand le sport adapté devient un espace de liberté : une leçon d’inclusion venue du CIVA
Dans sa chronique publiée dans La Presse, la journaliste Rose-Aimée Automne T. Morin nous invite à découvrir un lieu où l’inclusion s’incarne dans le quotidien et non dans les slogans : le Centre d’intégration à la vie active (CIVA). Au ROPHCQ, nous trouvons essentiel de mettre en lumière cette initiative inspirante, parce qu’elle illustre parfaitement ce pour quoi nous militons depuis plus de quarante ans : offrir aux personnes handicapées des environnements où leur potentiel peut se déployer pleinement, où les barrières tombent, et où la participation sociale cesse enfin d’être vue comme un privilège pour devenir un droit appliqué.
Un gymnase, oui. Mais surtout, un espace d’autonomie et d’appartenance
Lorsque Christian, 16 ans, raconte qu’avant de fréquenter le CIVA il ne sortait presque jamais de chez lui, on mesure immédiatement le poids de l’exclusion que vivent encore trop de jeunes handicapés. Dans le gymnase de l’École Joseph-Charbonneau, ce jeune a trouvé bien plus qu’une équipe de basketball : il a trouvé un lieu où il peut se dépasser, où sa mobilité n’est plus source d’isolement mais de mouvement, où un entraîneur lui montre qu’il est capable et où il découvre que c’est vrai. Cette scène, simple en apparence, représente une transformation profonde. Elle démontre ce que peut accomplir une société qui choisit de concevoir ses environnements pour toutes et tous.
Le sport adapté : un droit, pas un luxe
Les activités sportives proposées par le CIVA permettent à des jeunes qui sont souvent exclus des équipes traditionnelles de développer leurs habiletés, mais surtout de renforcer leur pouvoir d’agir. Pour le ROPHCQ, le sport adapté n’est pas un “plus”, un extra proposé quand il reste du budget ou du temps ; il s’agit d’un pilier important de l’inclusion sociale. Il ouvre la porte à la participation, à la construction de l’identité, à la reconnaissance par les pairs. Il permet à des enfants et des adolescents de vivre le sport d’équipe, de se fixer des objectifs, de progresser et de rêver, comme n’importe quel jeune. Les témoignages de jeunes qui fréquentent ces espaces nous rappellent à quel point ils sont nécessaires.
Une solidarité rare… et révélatrice
Ce qui frappe dans les équipes du CIVA, c’est la force de l’entraide qui circule entre les jeunes athlètes. Leur entraîneur, Christian La Serra, rappelle que rien n’est “donné” dans le sport adapté, que le travail, la sueur et la discipline sont bien réels. Pourtant, la différence réside dans la culture profondément solidaire qui règne sur le terrain comme en dehors. Les jeunes s’encouragent, se transmettent leurs connaissances, s’épaulent lorsque ça devient difficile. Cette solidarité, trop rare dans les environnements compétitifs traditionnels, illustre à quel point l’inclusion enrichit. Elle démontre qu’un environnement adapté ne limite pas ; il magnifie la collaboration et le respect.
Des parents qui apprennent aussi… et qui retrouvent l’espoir
La chronique donne également la parole aux parents, dont les témoignages sont bouleversants. Pour certains, comme Benoit, voir leur enfant vivre enfin l’expérience d’une équipe sportive représente une victoire inimaginable quelques années plus tôt. Pour d’autres, comme Stéphane, le sport adapté devient aussi un apprentissage personnel, une occasion de revoir leurs attentes et de mieux comprendre le rythme et les forces de leur enfant. Ces parents ne trouvent pas seulement un sport ; ils trouvent un espace de répit moral et de communauté. Ils voient leur enfant être accueilli, valorisé et pleinement intégré, et ce simple fait transforme leur quotidien.
Boccia : la preuve que l’accessibilité ouvre des possibles pour tous
La chronique montre également la richesse du boccia, un sport encore trop peu connu qui permet une participation réelle pour des jeunes ayant des limitations sévères. Lorsque Jérémie, 12 ans, dit qu’il aime ce sport parce que c’est un sport qu’il peut faire, il rappelle l’essence même de l’accessibilité. Il rappelle aussi que ce qui manque n’est pas la motivation ou la capacité des jeunes, mais bien des environnements où ils peuvent exercer leurs compétences. Grâce à des entraîneurs engagés, ces jeunes découvrent qu’ils peuvent essayer, progresser, performer et surtout appartenir, peu importe l’évolution de leur condition.
Au Centre-du-Québec aussi, nous croyons en ce potentiel
Les initiatives comme celles du CIVA doivent inspirer tout le Québec. Nous pouvons nous en inspirer, au Centre-du-Québec, pour offrir davantage d’activités sportives et des loisirs inclusifs qui changent réellement la vie des jeunes et de leurs familles. Toutefois, ces initiatives manquent souvent de financement et de ressources matérielles pour atteindre leur plein potentiel. Le ROPHCQ continue de revendiquer un accès équitable aux sports adaptés, dans notre région. La participation sociale ne doit jamais dépendre du lieu où l’on vit ni des ressources locales disponibles ; elle doit être garantie par des investissements suffisants et une volonté politique réelle.
Le 3 décembre : plus qu’une date, un devoir collectif
À l’approche de la Journée internationale des personnes handicapées, cette chronique de La Presse résonne avec une force particulière. Rappelons qu’environ une personne sur cinq au Québec vit avec une incapacité. Le quotidien observé dans le gymnase du CIVA est donc celui de milliers de familles, fait de défis, de progrès, de joies simples et d’apprentissage. Le 3 décembre est un rappel annuel, mais l’engagement envers l’inclusion doit être constant, soutenu et concret. Les initiatives comme celle du CIVA nous montrent ce qu’il est possible d’accomplir lorsque nous plaçons réellement les droits des personnes handicapées au cœur de nos actions collectives.
En conclusion : ce n’est pas une “belle histoire”. C’est ce que l’on devrait voir partout.
Les rires, les efforts, la solidarité et la fierté observés par la journaliste ne devraient jamais être perçus comme de belles exceptions. Ils devraient être la norme dans chaque région du Québec. Le CIVA démontre qu’en adaptant les environnements, en respectant les droits et en valorisant le potentiel de chaque enfant, on construit une société réellement inclusive. Le ROPHCQ continuera de porter cette vision et de revendiquer un avenir où chaque jeune, quel que soit son handicap, aura accès à des espaces où il pourra s’épanouir librement et fièrement.
