Personnes proches aidantes au travail : une stigmatisation qui révèle un enjeu plus large d’inclusion
Un article de Jessica Nadeau, parût le 20 janvier dernier dans le Devoir, met en lumière une réalité inquiétante : une personne proche aidante sur trois évite de parler de son rôle au travail. La raison est simple : la peur d’être jugée, pénalisée ou perçue comme moins disponible. Selon un sondage Léger, demander des accommodements ou des mesures de conciliation est encore très stressant pour de nombreuses personnes proches aidantes.
Cette situation montre à quel point la proche aidance est mal reconnue dans notre société. On continue de la voir comme une responsabilité personnelle ou familiale, plutôt que comme une réalité qui touche collectivement des milliers de personnes. En milieu de travail, les mesures de conciliation sont surtout pensées pour les parents, et beaucoup moins pour celles et ceux qui soutiennent un proche malade, vieillissant ou en situation de handicap.
L’invisibilité et le manque de reconnaissance de ce rôle a des conséquences bien concrètes. Quand les proches aidant.e.s n’ont pas accès à des horaires flexibles, à des congés adaptés ou à un milieu de travail compréhensif, les personnes handicapées en paient aussi le prix. Cela peut mener à des ruptures de services, à l’épuisement des réseaux de soutien, à l’isolement ou à des placements qui auraient pu être évités.
Cette réalité rappelle une revendication essentielle du mouvement des personnes handicapées et que nous portons également au ROPHCQ : le droit à un soutien adéquat, durable et choisi, qui ne repose pas uniquement sur l’épuisement et le dévouement des proches.
Dans un contexte de vieillissement de la population et d’augmentation des besoins de soutien, continuer d’ignorer la réalité des proches aidant.e.s n’est plus une option viable. Reconnaître et soutenir la proche aidance, notamment en milieu de travail, est une condition essentielle pour bâtir une société plus juste et plus inclusive, où les droits des personnes handicapées ne dépendent pas du silence ou de la surcharge de leurs proches.
* Le sondage a été mené par Léger pour le compte de Concilivi en mai 2025 auprès de plus de 3000 travailleurs québécois qui sont parents ou proches aidants.
Lien vers l’article : https://www.ledevoir.com/actualites/societe/949596/proches-aidants-craignent-etre-stigmatises-travail
